Il y eut l’éloge de la Folie (douce) des CMC qui n’hésitent pas à faire
vagabonder l’auditeur et lui en faire ouïr de toutes les couleurs dans un
zig-zag qui sillonne toutes les tendances de la musique d’aujourd’hui :
Crumb sous les étoiles, le théâtre musical de Kagel au son du musichall
d’Offenbach, nos antiques hymnes de Noël remixés par de jeunes
compositeurs...
Il y eut l’éloge de la Sagesse de son comité, féru de diplomatie inventive,
qui ne cesse de tisser des alliances fructueuses avec les instances
culturelles, les écoles de la cité et de la région.
Il y eut l’éloge de l’Accueil garanti par le bénévole CéEmCéen qui tend un
verre salvateur au mélomaniaque d’après-concerts emporté dans son
analyse : « La conséquence la plus immédiate de ces manipulations, sera
l’éclatement des structures discursives par la destruction de la linéarité
dans laquelle s’inscrivait la chaîne syntagmatique hiérarchisée... » Santé !
On ne va pas vous faire le coup de l’éloge de la Crise, d’autant que c’est
un peu grâce à la crise majeure du langage musical que les CMC existent !
Cependant, comment circonscrire plus avant la philosophie des CMC
à travers les strates de l’histoire ? Quel âge d’or peut-on célébrer, où
en sommes-nous exactement, nous qui nous appliquons à mettre en
valeur la musique d’aujourd’hui ?
C’est là que le musicologue américain L. B. Meyer vole au secours de nos
angoisses : en 1967 déjà, il nous prédisait l’avènement de ce que nous vivons
maintenant sur le plan artistique : l’ère de la « Stagnation fluctuante ».
Vu de 2009, l’époque de la rébellion, de l’optimisme historique, l’époque
où un Nono pensait que la musique d’avant-garde était porteuse de progrès
tant artistiques que sociaux, nous paraît plutôt lointaines.
Donc, célébrons la juxtaposition des styles, le métissage des influences,
le pluralisme des techniques, l’éclectisme des pratiques, l’explosion des
combinatoires. Célébrons les bulles d’originalité et de génie créateur qui
ne manqueront pas d’éclore sur ces eaux (trop) tranquilles pour certains.
Que diable, nous l’avons échappé belle : à quoi ressemblerait une
ère de « Fluctuation stagnante… » ?
Nous vous souhaitons une belle saison pleine de remous !
Pour les CMC, Mireille Bellenot